Le Cédillisme

 

             

             Danielle Giroux s’est longuement intéressée aux diverses techniques qui existaient afin d’en créer une nouvelle qui ne ressemblait à aucune autre. C’est en mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf qu’elle commence à juxtaposer et superposer une foule de petites touches en forme de « c » à l’aide de ses bâtonnets de pastel sec. Sous un amoncellement de couleurs, l’effet du Cédillisme, sur le nerf optique, donne l’impression de pixels sur un écran. Ravie de sa trouvaille, une technique qui s’inspire du pointillisme des impressionnistes, elle réalise que sa technique a besoin d’un nom. Puisque nous parlons de petits « c » elle aime à dire qu’il s’agit plutôt de cédilles; delà, elle nomme donc sa technique le « Cédillisme » : une association du mot cédille et du mot impressionnisme. Comme la cédille donne une sonorité nouvelle aux mots, elle ose espérer que les innombrables cédilles danseront sous les yeux des spectateurs et donneront vie à ses toiles. Elle peaufine cette technique au pastel sec ou à l’huile.

 

Danielle Giroux

 

 

 

              Extrait de texte de Louise Senécal – Musée Marius Barbeau, Saint-Joseph, Beauce, Québec.

              Les œuvres de la période 2000-2002 peintes par madame Danielle Giroux s’inscrivent dans le courant néo-pointilliste. D’abord la technique d’exécution avec ses différents traits rappelle celle utilisée par Seurat (1859-1891) avec ses différents points en couleurs.

          Cette technique sollicite le nerf optique du spectateur par l’organisation méthodique de ses couleurs dans ses traits en forme de « C », puis nous amène dans une conception spécifique de la forme, décorative et anti-réaliste. C’est un parcours vers l’autonomie de la surface du tableau.

 

Place à l’imaginaire

 

                Il n’y a aucune perception réelle des choses. La profondeur s’estompe. Les scènes sont intemporelles et mobiles. Cette technique particulière de la couleur donne une structure formelle et autonome, fondée sur des valeurs d’équilibre et de contrepoids. Ainsi on retrouve un code formel et chromatique dans les œuvres de l’artiste.

                Le pastel aux couleurs chatoyantes permet d’utiliser la technique de touches colorées par le mélange optique. On retrouve deux types de mélange de la couleur : il un a le mélange chimique de la couleur qui se fait sur la palette ou que l’on retrouve dans le bâtonnet de pastel, puis le mélange optique de la couleur par le point ou le trait, la couleur se fond dans l’œil. C’est l’équivalent des pixels de couleurs dans une photo numérique. Le tableau se construit par des milliers de petites touches colorées.

                Les œuvres de la période suivante sont de 2004. La facture des œuvres ou si on préfère la manière de peindre est remaniée vers un code où le trait est plus large.

                Cette liberté de la forme par la touche en couleurs, Danielle Giroux la trouve dans son geste par une combinaison ligne-couleur, pour arriver à un résultat esthétique et émotionnel. Il y a un rapport psychosensoriel entre cette ligne tracée et le spectateur qui la suit des yeux sur la toile. Le trait qui s’évade de la pesanteur a une signification psychologique, il correspond à un élan intérieur.

               L’artiste-peintre Danielle Giroux nous présente des scènes de genre, de manière théâtrale et laissant beaucoup de place à l’imaginaire. Laissons notre œil nous guider.

Louise Senécal

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Cedillism

     Danielle Giroux always had interest in various artistic techniques already in use. She wanted to create her own and unique one. In 1999, she starts juxtaposing and superimposing small c-like strokes using soft pastels. With a rainbow of different colors, Cedillism stimulates the optic nerve, resulting in an effect reminding pixels on a television screen. Delighted by her discovery, a brand-new technique drawing its inspiration from impressionists’ pointillism, she feels like she has to find a name for it. In French, cedilla is commonly used under the letter “c”. Since Danielle’s technique is all about “c” strokes she thinks of it as cedillas. That’s how the name “Cedillism” first came into her mind : a mix between “cedilla” and “impressionism”. She hopes that just like the cedilla which softens the “c” and gives words a whole new sonority, her own cedillas will give life to her paintings by dancing in front of the viewers’ eyes. She polishes up her technique with soft pastel or oil pastel. 

Texts from Louise Senécal – Marius Baribeau Museum, Saint-Joseph, Beauce, Quebec

 

        The 2000 to 2002 artworks painted by Mrs Danielle Giroux are part of the neo-pointillism movement. First of all, the technique used with all its different strokes reminds Seurat (1859-1891), who was using colorful dots. This technique engages the optic nerve by its methodical organisation of colors and “c” shapes. It brings us to a specific conception of decorative and anti-realistic shape. It’s a journey towards the autonomy of the painting’s surface.

Louise Senécal

Make space for imagination

          There is no such thing as real perception of things. Depth fades. Sceneries are timeless and moving. This particular technique gives a formal and autonomous structure, which is based on balance and counterbalance. That’s how we can find a formal and chromatic code in the artist’s artwork.

         The pastel’s shimmering colors allow a use of the colorful strokes by optical mix. There are two types of color mix : the chemical mix on the artist’s palette or even in the pastel itself and the optic mix by strokes or dots where color is blending in the eye. It compares to pixels in a digital photo. The painting is built by thousands and thousands of tiny and colorful strokes.

          The following artwork is from 2004. The way of painting is reworked towards larger traits.

          Danielle Giroux finds this shape’s freedom in her colorful strokes by a line-color combo in order to obtain an esthetic and emotional result. There’s a psycho-sensorial link between the line drawn and the viewer who’s looking at them. The line escaping gravity has a psychological significance : an inner impetus.

        Danielle Giroux, artist-painter, presents to us theatrical sceneries. These sceneries let space for imagination. Let our eyes be our guide.

Louise Senécal

Texte de Michel Bois, rédacteur en chef de Magazin’Art

 

 

            Les rudiments du pastel n’ont plus aucun secret pour cette artiste de très grande expérience. Cela au point tel de pouvoir créer son style à partir d’une technique personnelle et reconnaissable entre toute. Soit en juxtaposant et superposant une foule de petites touches en forme de « c » à l’aide de ses craies. Un peu à la manière des impressionnistes, l’effet du petit « c » chatouille la rétine de l’œil du spectateur qui ne cherche qu’à recréer encore et encore la sensation ressentie. La peintre parle de «cédillisme». Moi de grand Art ! Va sans dire qu’elle peaufine autant la trace du pastel sec que celui à l’huile. Une rareté recherchée en galerie…

 

Volume 29 Printemps 2017, no 115

 

 

Written by Michel Bois, Magazin’Art’s editor-in-chief

           The basics of pastel are no longer a secret for this artist of vast experience. She was, in fact, even able to create her own unique style with a brand-new technique recognizable among others. By juxtaposing and superimposing many little “c”-like touches using pastels. Like impressionists’ technique, these tiny c’s tickle the observer’s retina over and over again to constantly recreate this effect. The painter calls it “cedillism”. I call it high Art! Needless to say, she refines her use of chalk pastels as much as oil pastels. A highly sought-after rari

 

Volume 29 Printemps 2017, no 115

Traduction : Catherine Asselin

Reproductions ou copies interdites / Tous droits réservés ©Danielle Giroux 2017

 

Reproduction or copy prohibited / All rights reserved ©Danielle Giroux 2017

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